
Ah, les joies des assemblées de co-propriétaires, le syndic dont on se méfie et le conseil syndical sur lequel on doit se reposer…
Aujourd’hui, je vous propose l’interview de Michel Verdun, fondateur du site conseil-syndical.info, une mine d’or dès qu’on met un pied dans la copropriété et le conseil syndical.
Bonjour Michel, peux tu nous présenter en quelques ligne qui tu es, ce que tu fais et ton parcours sur le web ?
Je suis Michel VERDUN, j’ai 38 ans, je suis ingénieur diplôme en télécom et informatique. Ma carrière a débuté en 1995 comme responsable multimédia et informatique.
Depuis 2006, j’assumais la direction de projet IT pour un opérateur Télécom. J’ai commencé à utiliser Internet en 1992.
Aujourd’hui je m’intéresse principalement aux usages que l’on peut faire de ces outils : en quoi changent-ils la donne – si jamais ils la changent – dans les domaines des services, des produits, de la vente, du marketing…
Parallèlement à cela, je suis copropriétaire et membre de conseils syndicaux d’immeubles depuis 13 ans. Lorsque j’ai commencé à m’occuper de copropriété, j’ai été très surpris de constater qu’il n’existait aucun outil ou services d’information pour aider les copropriétaires : je me suis mis à les créer, à tester aussi des approches différentes pour régler les désordres qui peuvent polluer le quotidien de la vie d’un immeuble.
Avec le temps, j’ai développé une démarche complète, avec des outils spécifiques, pour permettre à des gens bénévoles, les membres de conseils syndicaux, d’exécuter leur mission dans les meilleurs conditions.
Fais nous la présentation de ton projet.
Conseil-syndical.info, créé en mai 2009, est le premier site d’informations exclusivement dédié aux membres de conseils syndicaux de copropriétés.
Un conseil syndical est un constitué de copropriétaires bénévoles qui ont pour mission de contrôler et assister le Syndic d’immeuble. A mon sens, tout Conseil Syndical doit atteindre deux objectifs :
- Maîtriser les charges de copropriété
- Maintenir et améliorer le standing de la copropriété
Le site propose une démarche progressive et structurée afin de permettre aux conseils syndicaux de gagner en utilité et en efficacité.
Les articles de fonds ne sont accessibles qu’à nos abonnés. L’abonnement est aujourd’hui gratuit.
Mais Conseil-syndical.info ne constitue qu’une vitrine « informationnelle », les services sont proposés par la plateforme « notre-COPRO.com ».
notre-COPRO.com outille les conseils syndicaux avec les mêmes exigences de qualité, de fiabilité que ce qui est requis pour travailler avec des « grands comptes ».
Nous veillons à coller à la réalité des attentes de nos clients en les associant au développement de nouveaux services.
Les « early-adopters » qui s’engagent à nous communiquer leur feed back de façon régulière se voient offrir le service.
Quel est l’objectif du site et le business modèle de la structure ?
Conseil-syndical.info constitue un tremplin d’accès pour une plateforme de services : le site notre-copro.com.
L’objectif est de fournir à nos client la démarche et les moyens de maîtriser les charges de copropriété et d’améliorer le standing de leur immeuble dans les meilleurs conditions.
Notre-copro.com fournit un ensemble d’outils et services spécifiques pour mieux comprendre « où va l’argent des charges » et surtout disposer de moyens pour piloter l’usage qui en est fait. notre-COPRO permettra d’abord de centraliser les informations de sa copropriété, de constituer un historique des décisions prises et actions réalisées.
D’une manière générale, nos clients pourront anticiper et conduire les changements au lieu de les subir comme c’est très souvent le cas aujourd’hui. En ce sens nous développerons des cycles de formations pratiques.
Un axe majeur du site et d’apporter un « coaching » aux copropriétaires : ces bénévoles se sentent souvent seuls et beaucoup s’avouent prés à jeter l’éponge.
Nous nous efforçons de donner de la perspective aux actions engagées par nos clients afin qu’ils ne perdent pas le but des yeux, et surtout qu’ils l’atteignent.
Quels sont les objectifs pour cette nouvelle année 2010 ?
En 2009, j’ai eu à cœur de valider la « Proof of concept » : aujourd’hui nous avons la certitude de l’existence de la demande de services dans le domaine du Conseil Syndical de copropriété.
Nous sommes a présent considérés comme une « référence » en la matière par les professionnels du secteur.
Je devais aussi décider du moyen le plus approprié pour lancer l’activité : j’ai finalement décider de créer une société avec un associé.
Les objectifs 2010 sont importants : sur le premier trimestre il s’agit de créer l’entreprise, finaliser les plans médias, marketing, et priorisation de la roadmap services.
Le premier service « Beta » est en cours de développement. Il consiste en la mise à disposition du Règlement de Copropriété de votre copropriété sous forme numérique hébergée et sécurisée. Il sera proposé dés le mois d’avril.
Il devrait être rapidement complété par les services de coaching et les outils de communication dont la mise en œuvre en Béta est prévue avant l’été 2010.
Nous avons également développé un service unique pour les ASL – une forme particulière de « copropriété » que l’on trouve pour la gestion des lotissements de maisons individuelles – pour lesquelles nous proposons l’externalisation de la gestion des appels de cotisations des parties communes.
Fin 2010, nous ambitionnons d’être déjà perçus comme l’outil évident et indispensable pour gérer sa copropriété.
Et Aujourd’hui tu en es où par rapport à tes Prévisions/Objectifs?
Nous sommes en phase de cadrage « fin », et je préfère rester discret sur l’aspect financier pur. En revanche sur l’aspect marketing, la roadmap générale est bouclée selon les prévisions.
Nous n’avons pas identifié de point de blocage technique – ce qui est normal, les enjeux sont fonctionnels ! Il est primordial que notre solution « masque la complexité » de la solution technique et que nous proposions des solutions d’accompagnement pour la prise en main de nos outils.
En revanche la création de la communauté des abonnés est déjà un franc succès : alors que nous n’avons pas encore réalisé de communication d’envergure pour le site -même pas une campagne adwords !- nous avons déjà 250 abonnés à Conseil-syndical.info et la croissance est régulière.
Il s’agit d’abonnés fidèles en ce sens qu’ils viennent lire les articles du site, ils participent aux échanges par leur commentaire. Quelques-uns ont spontanément exprimé leur désir de tester nos futurs outils.
Nous comptons aussi parmi nos abonnés des professionnels du secteurs : avocats, administrateurs de biens, agents immobilier, cabinets de Syndics…
Quelles sont tes besoins actuellement pour réussir à passer ce cap et dépasser tes objectifs ?
Aujourd’hui il nous faut trouver les « bonnes » ressources en matières de développement technique ainsi que le support professionnel suffisant en communication, média et relations publiques.
Conseil-syndical.info constitue déjà en ce sens une base solide sur laquelle nous capitalisons.
Le buzz peut nous y aider, mais il nous faut un relais dans les médias traditionnels : PQR, Radio, TV, magazine.
Et vous êtes combien chez conseil-syndical.info / notre-copro pour réussir tout ça ?
Conseil-syndical.info, s’est aujourd’hui une équipe de 5 personnes, intéressées par le projet depuis le départ, Isabelle et Mathieu constitue le « comité de relecture » des articles, Ghislain est notre graphiste et communication visuelle, Benoît à la responsabilité des « Relations publiques ».
notre-COPRO, existe d’abord par mon association avec Jean-Noël, au poste de directeur associé, en charge de la réalisation des actions du volet financier et structurel. Il participe également étroitement à la définition de la stratégie.
Pour ma part, directeur fondateur, je reste le chef d’orchestre de l’ensemble.
Tu as prévu de renforcer l’équipe prochainement ? si oui quel type de profil recherches-tu ?
Pour Conseil-syndical.info l’équipe « communautaire » cherche se renforcer avec un profil « Avocat ou juriste du droit de la copropriété ».
Côté notre-COPRO, la priorité est donnée au développement technique.
Dans l’idéal, je souhaite trouver un associé alliant une parfaite maitrise du développement – c’est lui qui codera – et des qualités entrepreneuriales et humaines.
A défaut, nous nous orienterons vers un recrutement ou une sous-traitance, la forme n’est pas arrêtée.
Dans tous les cas il s’agira de débuter une relation qui puisse s’inscrire dans la durée.
Si tu devais nous donner 3 avantages de ton site par rapport à tes concurrents ?
La concurrence existe toujours, sous une forme directe ou palliative. Les trois apports différenciant de notre-copro sont :
- Une approche novatrice. Notre démarche allie dans une approche unique l’expérience de la gestion de copropriété, la prise en compte du facteur humain et la maitrise des nouvelles technologies.
- Un accompagnement « individualisé » : nous prenons le temps de répondre personnellement à chaque sollicitation client. L’élaboration des services se fait dans la même philosophie : presque dans un mode participatif.
- L’impartialité : notre vocation est de permettre au copropriétaire de gérer au mieux leur patrimoine, en toute impartialité. Nous n’avons pas pour vocation de lutter contre les Syndics comme le font certaines associations de copropriétaires. Nous ne soutenons pas non plus une démarche juridique jusqu’au-boutiste. Quant un copropriétaire rencontre une difficulté, les professionnels répondent souvent qu’il n’y a rien à faire d’autre que subir, ou qu’il faut faire un procès. Notre-copro propose une « troisième voie ».
On se revoit bientôt?
Retrouvons nous en décembre 2010 : ce sera le bon moment pour dresser un premier bilan et vous livrer quelques exclusivités sur la suite.
Un mot de la fin peut être ?
Ce n’est certainement pas la fin. C’est le commencement. Le commencement d’une aventure humaine et entrepreneuriale.
Nous avons hâte de voir comment nous allons révolutionner la gestion des copropriétés !
Contact : Michel VERDUN et Jean-Noël CHAINTREUIL


(moyenne: 4,31 sur 5)


Bravo pour l’article.
Et je confirme : c’est une trés belle aventure humaine.
N’hésitez pas à revenir vers nous (Michel et moi) pour plus d’informations…
Un sacré créneau que celui des syndics de copropriétés, pour ma part il y a longtemps que j’ai lâcher l’affaire, j’ai très bien compris que l’on ne peut rien contre ces gens qui nous escroquent ouvertement et sans scrupules droit dans les yeux, en fait c’est une bande de racailles en col blanc, même l’état ne peut rien contre eux, comme les financiers, et autres mandataires sociaux qui usent et abusent de leur droit sans jamais respecter aucun de leur devoir, et si par malheur vous poser des questions ils manipulent les autres copropriétaires pour mieux nous enfoncer et nous « …. », et ça marche à tout les coups, bref, votre intention semble bonne et sincère, mais face à des escrocs protégés par la législation et les gouvernants vous ne pourrez rien, sinon compter les points et essuyer les larmes de ceux qui n’ont d’autre solution que de se taire et se faire tout petit. A ce jour je n’ai rien trouver encore qui puisse contrer ces margoulins, tout est verrouillé et figé, et que faire quand même le conseil syndical est corrompu intellectuellement (des bobos), alors j’ai mis la moitié de ce que l’on paye , du moins ce que l’on nous soutire dans un compte budgétisé nommé « Taxe Bourgeoise », en fait on paye tout, au double, j’ai fait durant deux ans des recherches dans ce domaine, et c’est édifiant de malhonnêteté, et sachez que vous ne ferez aucune concurrence à personne, et pour cause, à moins que vous ne deveniez comme eux par la force des choses et la fourberie humaine qui ne recherche que les gains et aucunement la satisfaction des clients copropriétaires.
J’espère pouvoir suivre votre volonté de bien faire.
Cordialement votre.
José Paloméro
Merci pour ce retour d’expérience, je suis sûr que Michel et Jean-Noël sauront l’utiliser à sa juste valeur.
Bonjour José,
Effectivement, il arrive que la situation semble « desespérée », surtout quand on est copropriétaire minoritaire.
Il existe néanmoins quelques pistes interessantes pour « limiter la casse ».
La première est évidemment de se faire élire au conseil syndical, puisque c’est le seul moyen pour disposer du droit à l’information permanente en ce qui concerne la getsion de l’immeuble.
Ensuite, l’implication personnelle, et la qualité des autres membres fera la différence.
Merci en tous cas à José de suivre notre aventure.
Michel VERDUN
Bonjour, mais pour être élu, il faut la majorité, et la majorité est acquise au
syndic par un jeu de copinage, donc situation figée comme je vous le disais dans
un premier temps.
Cordialement votre.
José Paloméro
PS: Et en plus le gouvernement vient juste de jeter l’éponge…donc liberté
totale d’action pour les syndics, ils doivent sabrer le champagne en ce moment.
Contrats de syndic :
Comment le ministère essaye de contourner les associations
Comme nous venons de l’écrire à Hervé NOVELLI – Ministre de la Consommation – il apparaît que les consommateurs et les copropriétaires sont actuellement victimes de manœuvres destinées à leur imposer un bien mauvais arrêté concernant les contrats de syndic.
Mauvais pour les copropriétaires mais excellent pour les syndics qui vont pouvoir continuer à agir comme ils le font depuis vingt-quatre ans (1986, date de libération des prix).
Voici la lettre explicative adressée à Hervé NOVELLI :
« Monsieur Hervé NOVELLI
Secrétaire d’État chargé de
l’industrie et de la Consommation
139, rue de Bercy
75012 Paris
Paris, le 1er Mars 2010
Monsieur le Ministre,
Nous venons d’apprendre par diverses organisations de consommateurs qu’un bureau du CNC avait été convoqué en urgence en pleine vacances de février pour se prononcer sur le projet d’arrêté concernant les contrats de syndics annoncé depuis plusieurs mois.
Il nous a été rapporté que faute de quorum la première réunion avait été annulée et reportée à une séance où il y aura vote sans quorum.
Si tel est le cas, cela voudrait dire que l’avis du CNC sur cet arrêté – du fait de cette convocation curieusement précipitée – ne refléterait pas forcément l’avis majoritaire des « consommateurs »et usagers.
Cela serait d’autant plus regrettable que le projet d’arrêté qui était soumis au CNC est une reprise à peine améliorée du texte de l’avis du CNC en date du 27 septembre 2007, texte dont la majorité des organisations du collège consommateurs ont mis en évidence les graves insuffisances et dont elles avaient demandé qu’il soit sensiblement amélioré, ce qui n’est malheureusement pas le cas.
Nous vous rappelons quelles sont les principales insuffisances pointées par les consommateurs et qui n’ont pas été corrigées dans le projet de décret.
1. Alors que le préambule de l’arrêté reprend l’idée selon laquelle les honoraires de syndic doivent être « prévisibles », l’arrêté lui-même ne prévoit toujours pas que la tenue de l’assemblée générale soit obligatoirement intégrée dans les honoraires de base, ceci que cette assemblée se déroule aux heures ouvrables ou non ouvrables.
2. Alors que des abus manifestes et massifs ont lieu sur les frais de « tirage » relatifs à des tâches et gestion courante qui peuvent représenter jusqu’à 20 % des honoraires de base, les syndics resteront libres de pratiquer les tarifs qu’ils veulent et de facturer ces frais arbitraires en plus de leurs honoraires de base.
3. Alors que chacun s’attendait à ce qu’ENFIN une définition des tâches de gestion courante soit imposée par l’arrêté, celui-ci reprend bien l’expression de « tâches de gestion courante » mais sans les définir à aucun moment (ce qui laissera la possibilité aux syndics de facturer en plus toute prestation ne figurant pas dans la LISTE (pourtant non exhaustive), des tâches de gestion courante.
4. Alors que les consommateurs dénoncent – depuis deux ans et demi, c’est-à-dire depuis la publication de l’avis du CNC – une multiplication des forfaits (de plus en plus élevés) facturés en plus des honoraires de base, le texte de l’arrêté reste muet à ce sujet, laissant donc les syndics libres de continuer à imposer toutes sortes de forfaits.
5. Alors que les abus sur les « prestations particulières » sont relevés par les observateurs depuis des années, là encore, l’arrêté se garde bien de tout éclairage qui permettrait aux usagers d’imposer des règles de prévisibilité, de transparence, de concurrence loyale.
6. Enfin, nous notons que le projet d’arrêté continue de rester muet au sujet des honoraires privatifs obligatoires dont les montants sont si souvent déconnectés de la réalité (lettre recommandée avec accusé de réception ; état daté, etc.).
[À noter : la seule avancée de ce projet de décret concerne la gestion des archives réintroduite en gestion courante, ce qui est du simplement au fait que le Conseil d’Etat vient de valider une modification du décret du 17 mars 1967 sur ce point (à paraître dans les semaines qui viennent) ; il aurait été singulier que le ministère de l’économie n’en tienne pas compte].
On le voit bien : à part le problème de la gestion des archives cet arrêté ne va rien résoudre et va laisser une liberté quasi-totale aux syndics de continuer :
- à facturer, en plus de leur forfait de base, la tenue de l’assemblée générale ordinaire hors heures ouvrables et de toutes tâches non explicitement reprises dans la liste des tâches de gestion courante ;
- à facturer des frais souvent prohibitifs de tirage ;
- à facturer des forfaits supplémentaires arbitraires ;
- à facturer des frais « privatifs » obligatoires également souvent prohibitifs.
Nous regrettons que le projet d’arrêté fasse si peu cas des demandes argumentées exprimées par les organisations de consommateurs et de copropriétaires ainsi que le Tribunal de Grande Instance de Grenoble, mais voulons néanmoins espérer que les améliorations souhaitées et nécessaires pourront être intégrées dans la version définitive.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président ».